Pêche du bonefish

flienOù pêcher ?  flienCuba 2007   *

Pêche du bonefish à Cuba - La Salina

Lorsque le guide signale un poisson il indique la direction avec le système horaire : 9 heures pour gauche, 12 heures pour devant et 15 heures pour droite. Mon guide Alfredo parle assez bien le français, il m'indique la direction : poisson à 11 heures, tu l'as vu ? Evidemment je réponds où ? Car au début on ne sait pas à quoi ressemble ce poisson et comment il se déplace. S'il y a du vent, donc des vagues, la tâche est encore moins aisée car le bonefish se confond avec les algues. Alfredo me tape sur l'épaule avec la perche et m'indique la bonne direction, trop tard, j'ai distingué le poisson sans avoir le temps de réagir.

Les 2 premiers bonefish que j'ai aperçu se sauvaient en nageant à ras du bord à moitié sortis de l'eau, quelle vitesse ! Je commençai à douter de mes capacités pour attraper des poissons aussi peu visibles et si rapides. D'autant, que Piam qui passait par là me dit "Si tu ne les voit pas, tu n'en prendras pas un pendant ton séjour !", avec cet encouragement je me suis mis a scruter le moindre mouvement dans l'eau.

En fait, je regardai trop près de la barque, les guides signalent les poissons quand ils sont encore loin de façon que le pêcheur puisse se mettre en position et repère le poisson avant de lancer. La pêche du bonefish se fait effectivement à vue, pas questions de pêcher l'eau comme pour la truite ou le saumon.

On repère les poissons au rides provoquées par leurs déplacements en particulier lorsqu'ils sont en groupe appelé "school" (école). Par moment on peut en apercevoir plusieurs dizaines de bonefish qui nagent très rapidement puis ralentissent pour se nourrir. C'est le moment de lancer la mouche, 2 ou 3 faux lancers maximum, la double traction est presque obligatoire pour sortir rapidement les 10 à 20 mètres de soie. Sur le dernier lancer, il faut plaquer la mouche qui doit être posée 2 à 3 mètres devant le poisson ou le groupe, la mouche doit être ramenée en strippant très vite sans arrêt. Même si le lancer est correctement réussi, les poissons peuvent être apeurés et ils se sauvent dans tous les sens puis se regroupent. Si les poissons suivent la mouche, c'est bon signe, l'un d'entre eux va prendre la mouche stripper vite (mon guide me disait tchic tchic tchic pour m'inciter à stripper vite). La touche a lieu parfois à 4 ou 5 mètres de la barque !

Ne pas essayer de retenir un bonefish, c'est la casse assurée (j'ai donné). Laisser partir en guidant la soie libre pour éviter qu'une perruque passe dans les anneaux (ça m'est arrivé, la casse est immédiate). Le frein doit être réglé assez serré mais pas trop ! Sur mon moulinet Sage, le bon réglage est 4 ou 5. Trop libre il y a un risque d'emmêlage, trop serré et c'est la casse. Le bonefish va prendre 100 mètres ou plus en quelques secondes, puis il s'arrête,  récupérer très vite chaque fois que c'est possible, le laisser repartir surtout si c'est un beau spécimen. Certains poissons se rendent après 2 ou 3 rushs de 100 mètres.

Si le bonefish est bien piqué, on est presque assuré de le prendre. Attention aux derniers rushs près du bateau, le fil peut se prendre dans la corde de l'ancre ou les jambes du guide lorsqu'on pêche dans l'eau.

Le bonefish cherche a repartir dans le banc, comme il est apeuré il nage très vite, et tous les autres le suivent pensant qu'il y a un danger ! L'eau bouillonne littéralement, par moment on ne sait plus quel poisson tire la ligne.

Parfois les poissons se nourrissent sur le fond (escargots), ils sont la tête en bas et la queue hors de l'eau, on appelle cette position la tailing (tail = queue en anglais). L'approche doit être délicate, le lancer doit être le plus discret possible car au moindre bruit le groupe s'enfuit à vive allure.

Lorsque les bonefish sont attaqués par un ou plusieurs barracudas, ils nagent à grande vitesse, ils sont impêchables. Il faut attendre parfois plusieurs minutes pour les voir se calmer et se nourrir à nouveau.

Le bonefish est un poisson splendide, sa forme rappelle celle du barbeau, hors de l'eau il brille au soleil, certains sont plus foncés que les autres selon qu'ils ont séjournés plus ou moins longtemps sur les flats.

Conseils

La mouche est généralement piquée sur le bord de la lèvre, mais parfois il est nécessaire d'utiliser une pince pour enlever la mouche qui est engamée. Comme pour la truite, il faut maintenir le poisson quelques instants dans l'eau pour qu'il récupère sa respiration avant de le relâcher.

On perd peu de mouches car il n'y a aucun obstacle. En 5 jours de pêche j'en ai perdu 5 essentiellement du à des noeuds mal réalisé, des noeuds qui se produisent sur le bas de ligne quand on lance ou en retenant instinctivement la soie.

Je faisais un noeud universel (noeud de cuiller), mais il est préférable de réaliser un noeud Rapala . Pour le raccordement du Nylon ou du fluorocarbone, utiliser le noeud baril ou double Grinner.

J'ai encore en mémoire les conseils d'Alfredo :

  • tou la vou ? tou la vou ?
  • lance, lance à 11 heures
  • récupérez, récupérez
  • lance encore, plus vite !
  • bien, tchic, tchic, tchic, rapide, rapide
  • attention ils suivent
  • tou l'as ? bravo, laisse partir ...

Quelques règles indiquées par les guides de la Salina :

  • ne pas faire de bruit, ne pas cogner le bateau
  • se baisser quand un groupe de bonefish arrive pour être moins visible
  • lancer rapidement devant le poisson à 2 ou 3 mètres, surtout pas sur le dos !
  • ramener rapidement la mouche en strippant
  • ferrer en tirant légèrement sur la soie
  • et surtout laisser partir !

1er jour

J'ai pris un seul bonefish, il y avait beaucoup de vent. J'ai eu pas mal de difficultés pour distinguer les poissons et à réagir vite. Beaucoup de lancers râtés à cause de la soie qui s'emmêle dans les pieds ou qui revient de travers.

2ème jour

Mon meilleur jour, le vent s'est calmé, j'ai pu apercevoir les poissons et j'ai amélioré ma technique.

J'ai pris 6 bonefish, j'ai cassé 2 fois et décroché 1 fois.

3ème jour

Impossible de prendre un poisson le matin. Heureusement, l'après-midi près d'une île, nous sommes tombés sur des schools de plusieurs dizaines de bonefish. Ils y en avait partout, à gauche, à droite, devant, ils étaient très "disponibles" mais je ne savais plus où lancer !

A un moment j'ai visé le plus gros et le moins rapide, il a immédiatement pris ma mouche, après quelques rushs, mon guide m'a dit "c'est un Snook". Je n'avais aucune idée sur ce poisson, il s'est débattu comme un bonefish. Ce poisson ressemble par sa forme à un sandre. Nous en avons croisé plusieurs par la suite se déplaçant par 2.

J'ai pris 4 bonefish et 1 Snook en une heure !

4ème jour

J'ai cassé sur le premier poisson, la soie est partie en perruque dans les anneaux !

J'ai pris 4 bonefish et décroché 2. Les poissons étaient effrayés par les barracudas. Ils se sauvaient lorsque je lançais ma soie. J'ai pris les 2 derniers en posant la mouche 8 à 10 mètres devant le groupe en mouvement et en stripppant lorsqu'ils étaient à 2 ou 3 mètres. Il faut bien anticiper la trajectoire du banc de poisson et avoir un peu de chance !

5ème jour

Nous sommes allés pêcher sur le fleuve Hatiguanico. J'ai pris une carangue, un Jack Crevalle. Ce poisson ne part pas comme le bonefish, il vient sans trop de résistance, puis se colle au fond, la canne est pliée en 2, à plusieurs reprise j'ai du plonger la canne dans l'eau pour éviter de casser !

En fait, le poisson mesurait moins de 30 cm !

A plusieurs reprises, des poissons sont sortis de la mangrove et ont suivis ma mouche (mangrove snappers, barracouda, ...).

En fin de journée, nous avons pêchés dans un affluent, il y avait quelques petit tarpons qui faisaient beaucoup de bruit en surface.

L'un d'eux est venu taper dans ma mouche, je l'ai entraperçu il devait faire 10 kg. Trois autres sont venus jusque sous le bateau en suivant ma mouche. 

La pêche sur cette rivière dépend beaucoup de la saison, par moment elle est pleine de poissons et par moment il y en a peu. Je suis tombé sur une période creuse. Pas grave, le site est superbe. La balade en bateau à travers les arbres de la mangrove est superbe.

6ème jour

Dernier jour sur la Salina, le vent est revenu. La pêche est particulièrement difficile. Je dis à Alfredo, je pense qu'aujourd'hui je vais faire 0. Il me répond "non, tu vas en faire un !".

Nous rentrons lentement vers la base, il est 15 heures quand nous apercevons une "école" (school). Après plusieurs lancers en double traction, car les poissons étaient loin et se déplaçaient assez vite, j'ai fini par poser ma mouche devant un groupe de 3 ou 4 poissons, j'ai strippé aussi vite que possible et j'ai enfin pris un bonefish à 15H15.

Nous avons essayé sur un autre groupe juste avant l'embarcadère, mais sans succès.
La journée se termine bien, c'est mon dernier bonefish, mais .... je reviendrai !

Conclusion

Bien qu'étant pêcheur à la mouche intermittent, j'ai réussi à prendre 18 poissons dont 17 à vue.
Si vous avez une meilleur expérience que moi, vous en prendrez bien plus comme l'on fait les autres membres du groupe.
Si vous êtes débutant, c'est possible, mais il faut maîtriser la double traction et ne pas se démoraliser, sur l'ensemble du séjour, vous aurez forcément votre chance !